L'United Nations Special Comittee On Palestine.

L'United Nations Special Comittee On Palestine.

 

 

En 1946, les Nations-Unis décident de constituer une commission (la dix-septième depuis 1917) : l'United Nations Special Comittee On Palestine appelé plus courament UNSCOP. Cette commission fut créée puisqu'elle devait trancher du sort de la Palestine sous mandat encore Britannique.

L'UNSCOP arrive sur place en Juin 1946 et découvre un pays en guerre, paralysé par le terrorisme des groupes armés extremistes juifs.
Tandis que l'Agence Juive entoure la commission de toutes ses "attentions", elle est boycotté par le Haut Comité Arabe. Les juifs vont jusqu'à cacher des micros dans la salle où l'UNSCOP se réunit et attribuent à chaque membre un accompagnateur parlant sa langue, trouvant même des juifs parlant Suèdois pour s'occuper de son président, Emil Sandstrom.
L'UNSCOP entendra également la Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes.

C'est à partir de ces éléments, que la majorité des membres de la commission vont être amené à soutenir le partage de la Palestine, et plusieurs autres encore comme "la tragédie des clandestins" (le président Sandstrom avait notamment assisté à l'arrivée de l'exodus 47 au port d'Haïfa en Juillet 1947), ou encore la "réussite de la colonisation" ainsi qu'en Europe, les visites dans les camps de la mort.

Qui dans ces conditions pouvait entendre l'argumentation des Palestiniens? Pour eux, il ne s'agit pas d'accueil de réfugié, puisque ces "réfugiés" prétendent "retourner" dans leur pays, s'y substituer à la population.

Autre facteur déterminant que l'on peut appeller "la vision coloniale", puisque les différents observateurs occidentaux qui se rendent en Palestine dans les années 1940 mettent en lumière la "différence de développement" entre juifs et arabes.
Prenons l'exemple de Franck Aydelatte qui déclare en 1946 : "J'ai quitté Washington assez fortement antisioniste... Mais quand vous voyez de visu ce que ces juifs ont fait de la Palestine, c'est le plus grand effort créatif dans le monde moderne. Les Arabes n'ont rien fait d'équivalent et détruiraient tout ce que les juifs ont fait. Nous ne devons pas les laisser faire."
Tandis que le représentant du Guatemala ajoutait : "Les porteurs d'eau arabes, courbés en deux sous des outres remplies d'eau, qui marchent en trainant les pieds, frappant deux tasses en fer blanc pour attirer l'attention sur leurs marchandises; et, de temps à autre, un âne marchant lentement dans la rue, suivi d'un Arabe qui le frappait avec un bâton, pendant que les voitures, klaxonnant impatiemment, faisaient la queue derrière lui." Il opposait lui, la civilisation au "monde sauvage".

Prenons l'exemple avancé par Alain Gresh, en acceptant ce raisonnement, prenons l'exemple de l'Algérie. Les plantations des colons français étaient bien mieux entretenues que celle des paysans arabes. De même qu'en Afrique du Sud, lors de l'apartheid, les quartiers blancs étaient "propre, bien entretenus, riants" alors que les ghettos noirs étaient "sales, dangereux, repoussants". Fallait-il alors refuser l'indépendance d'un de ces deux pays? Or, en 1947, personne ne se demande si l'arriération des colonisés n'est pas le résultat de la colonisation.

L'UNSCOP finit par remettre son rapport : sans surprise. L'accord est unanime sur la fin du mandat britannique sur la Palestine, mais la commission est divisée sur les autres recommandations. La majorité préconisait de partager la Palestine en deux Etats, l'un juif et l'autre arabe avec une union économique entre les deux, la région de Jérusalem et des Lieux Saints passant sous tutelle internationale, alors qu'une minorité préconise un Etat Fédéral indépendant avec deux entités Arabe et Juive.
Le plan est finalement soumis à l'Assemblée générale des Nations-Unis, le 29 Novembre 1947 : l'Etat juif devra occuper cinquante cinq pourcents de la Palestine avec cinq cent mille Juifs et quatre cent mille arabes et l'Etat Arabe quarante cinq pourcents avec sept cent mille arabes et quelques milliers de juifs et Jérusalem deux cent mille personnes moitié arabe, moitié juive.

Pour faire passer ce texte, les Etats-Unis feront pression sur la France, la Grêce et même le Liberia afin de s'assurer les deux tiers des voix de l'Assemblée Générale des Nations-Unis. Les résultats tombent, trente trois voix pour, contre treize contre, et dix abstentions.
Cette décision de l'ONU donne une légitimité au projet sioniste, et fixe aussi le principe de "deux peuples, deux Etats".

En 1988, quand les Palestiniens proclameront la naissance de leur Etat, ils feront référence à cette résolution 181, du 29 Novembre 1947.

 

 

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